Rien à craindre

Rien à craindre - un extrait d'Arlena, roman de Sebastian Regert

 » Dans son poing serré, des morceaux de dents. Alice les enfonça dans le sable, reboucha les trous formés du bout de l’index, lissa le tout de la paume. Ultime caresse. Un instant, elle crut qu’elle allait pleurer, mais nulle émotion ne vint la submerger. Elle s’en félicita. Car elle l’avait décidée, c’est ainsi qu’elle se devait d’être : tout à fait sèche et froide. Sombre, jusqu’au bout. Dénuée d’émotion.

Dans son dos, le soleil levant incendiait l’horizon. Un brasier de couleurs explosait sur les vagues en miroitements chauds. Éclaboussée de reflets sanglants, elle regagna la route des falaises, celle du village, sa terre natale. Son ventre se tordit, comme sous le coup d’une nausée. Elle sentit le sang affluer vers son crâne de façon violente, son cœur s’emballer. Pourtant, il n’y avait rien à craindre. Aucun danger imminent. Alice respira l’air marin, de façon profonde et régulière. Tout allait bien. Tout était beau, tranquille. Tout restait à tuer. »

 

Rien à craindre, extrait d’Arlena ©, roman de Sebastian Regert.

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